Dans les sports collectifs, sans gps, sans cardio, sans tracking vidéo, peut-on avoir peu de blessés ?

La réponse ? Bien sûr que OUI !

PS : merci à ceux qui pensent que « NON » d’en faire la démonstration.

Avec mon ami Thomas Joubert, nous faisons depuis des années un suivi quotidiens de nombreux marqueurs de footballeurs professionnels. Thomas note à chaque séance les joueurs « indisponibles », c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas participer la séance collective. Ils peuvent parfois faire une séance individuelle adaptée.

Nous faisons des statistiques entre tous les marqueurs et ces indisponibilités. Voici un graphique. Vous y trouverez les indisponibilités par semaine d’une équipe de footballeur pro et le volume hebdomadaire. Si vous avez l’oeil vous comprendrez. Les experts apprécieront noteront le très très faible taux de joueurs indisponibles.Tout ça sans GPS, ni cardio.

Et pour ceux qui pensent que la « fatigue » est un problème, regardez.

La fatigue vous protège !

Si vous n’êtes pas fatigués c’est que vous ne vous entrainez pas assez !!
Message à ceux qui n’arrêtent pas de « vendre » la récupération et les techniques idoines, à tous les coins de rue : vous blessez vos sportifs.

Quelle bétise de mettre en balance « Fitness » et « Fatigue ». C’est contre productif d’opposer « Etat de forme » et « Fatigue ».

Vous verrez que vous aurez plus souvent des blessés après un jour de repos complet (plus encore après deux jours) qu’après une journée d’entrainement.

Deux raisons principales peuvent expliquer qu’il y ait plus souvent des blessés après un repos complet qu’après un jour d’entrainement:

– La première, c’est que les joueurs, pour peu qu’ils en aient les moyens financiers, en profitent pour se faire des « extras » qui nuisent à leur récupération (j’ai vu des joueurs prendre des jets privés pour se faire un shopping dans une autre capitale)

– La deuxième, la plus majoritaire et la plus fréquente, est qu’une ou deux journées de récupération complètes font baisser l’activation à des niveaux très bas car le sportif pro récupère très très vite.

Cela imposerait une remise en activité lente et progressive pour les séances de reprise. Hélas, comme les sportifs ont eu deux jours et qu’il y a match toute les semaines, les staffs reprennent très souvent trop vite trop fort. Le delta entre les valeurs d’activation de repos et les valeurs de la journée de reprise étant très important, le risque est alors très élevé. Et le risque élevé se traduit par un nombre de blessés élevé.

Si on mesure plusieurs perceptions de joueurs à chaque séance (ce que nous faisons), cela se traduit très bien. Beaucoup de joueurs précisent même qu’ils ont plus de difficultés à reprendre après deux journées de repos qu’une journée.

A chaque fois que nous avons augmenté la fréquence des séances (doubler dans la journée, plusieurs jours), sans augmenter le volume hebdo, nous avons réduit le nombre d’indisponibilités. A chaque fois que nous avons réduit le nombre de jours de repos, le nombre d’indisponibilités a diminué. Quand nous les avons augmentés, le nombre d’indisponibilités à augmenté les deux semaines qui suivent. Pour cela que nous donnons (rarement) deux jours de repos loin des matchs, presqu’exclusivement lors des trêves internationales…et que nous veillons à avoir des niveaux élevés d’intensité d’entrainement.

Pour résumer :

Un sportif est capable de s’entrainer tous les jours, plusieurs fois par jour, pour peu qu’on sache bien gérer les efforts (les niveaux d’activation). Ce sont les efforts mal gérés qui sont accidentogènes. Pour cela il faut mesurer les effets cumulés différés, et surtout tenir compte du contexte. Dans ce cas, le contexte prime sur les effets, et donc les joueurs se blessent plus.

D’une manière générale

Les sportifs pro s’entrainent aussi trop peu, et trop peu intense, ce qui amplifie ce phénomène. Leur base de travail étant faible, le risque est « exponentialisé ». Les staffs sous-estiment énormément la capacité d’entrainement des sportifs et surtout les progrès qu’ils font durant l’année. Vous verrez que la plupart des staffs pense que plus le championnat avance, plus les joueurs fatiguent. Quel intérêt de s’entrainer alors ??

Vous l’avez compris, tout se joue sur la capacité du staff à mesurer les efforts (l’activation) et les effets cumulés différés dans leurs contextes de réalisation, et à savoir analyser ces données.

Dans les app, les « trucs » qui me font le plus marrer

Le marché des applications de suivi de ce qui est communément appelé la charge d’entrainement est parfois surprenant. Vous pouvez assister à des « choses » assez surréalistes.

Eexemple 1

Chaque joueur saisit ses perceptions (par exemple, la fatigue) puis le logiciel la compare à la moyenne de l’équipe. Si la saisie du joueur est au-dessus de la moyenne de l’équipe, il est plus fatigué et le conseil donné est qu’il doit récupérer car il est moins en forme que l’équipe. Si sa saisie est en dessous il doit bosser plus. La bêtise à l’état pur. Du nectar de bêtise. Utiliser la fatigue subjective d’un joueur par comparaison avec la moyenne des fatigues perçues des autres joueurs, c’est du haut niveau. Cela montre que celui qui vous a vendu l’app ne comprend vraiment rien, qu’il n’a jamais entrainé. Votre niveau fatigue ne dépend pas de celle perçue par les autres. Dans notre exemple, votre niveau de fatigue, et donc les contenus proposés par l’entraineur peuvent varier du simple fait que la moyenne de l’équipe varie. Le gag. Avec un même niveau de fatigue, le lundi on vous dit que vous devez récupérer, et le mardi que vous devez bosser. C’est pas beau ça ?

Exemple 2

Les joueurs saisissent RPE, le sommeil, la fatigue, les douleurs. Mais qui vous dit que ces marqueurs sont les bons ? Qu’ils vous donnent les informations les plus pertinentes ? Au contraire, qu’ils ne vous donnent pas de faux signaux ? Votre app vous aide pour cela ? Elle vous met à disposition des outils pour le savoir ? Le vendeur vous a informés de cela ? Je connais la réponse, ne vous fatiguez pas. Le choix des marqueurs est éminemment un moment stratégique, évolutif, dépendant de votre sportif, de vos structure.

Le nombre de marqueurs ? Vous vous êtes posés la question ? On vous a donné de l’information sur ça ? Vous le voyez, si vous voulez être performant, il faut vous impliquer dans le processus, vous devez être accompagné.

Exemple 3

On vous dit que les joueurs doivent saisir avant et après la séance. On vous a dit pourquoi ? On vous a précisé quelles informations vous alliez avoir, ou pas ? On me dit « C’est pour calibrer la séance. S’il a des douleurs, mal dormi cette nuit je peux réguler ». Mais, je ne comprends pas, si vous avez analysé avec pertinence vos données, si vous avez compris ce que veut dire multivarié, suite temporelle, chaque jour, vous savez déjà qu’il n’allait sans doute pas aller bien non ? Surtout vous avez déjà une idée des causes probables non ? Quand le symptôme apparait, c’est trop tard. Cela veut dire que vous ne l’avez pas vu venir, que vous ne collectez pas suffisamment.

Pour être franc avec vous, celui qui vous a demandé de faire cela a démontré qu’il n’avait rien compris aux perceptions, à la subjectivité, au traitement heuristique systématique, à la temporalité qui sont l’essence même de l’art d’entrainer. Tout l’art de l’entrainement, de la planification, c’est de prévoir, ce n’est pas de subir.

Ce qui me gêne beaucoup

C’est que les vendeurs d’app et de logiciels de suivi surfent sur votre méconnaissance, sur vos angoisses, votre stress, pour vous vendre à des prix délirants des app qui le plus souvent vous induisent en erreur, ne vous servent concrètement à rien, pire produisent les effets inverses de ceux escomptés.

On vous leurre

Les « datas », le « big data », le « data-mining » ? Les données, leurs analyses multivariées, sont vieux comme le monde. Le fait que ce soit exprimé en anglais n’apporte pas plus de valeurs, de nouveautés. Il en va de même pour les logiciels, les technologies. Ne vous faites pas avoir.

Si vous cherchez à être plus performant ?

C’est par la compréhension, la compétence à savoir quelles données collecter, comment les analyser, comment les expliquer, que vous y arriverez. Ce n’est pas en faisant une confiance aveugle à des copains-actionnaires (même s’ils sont en postes dans des structures pros, ou « collaborent » avec des médaillés olympiques) qui vous disent que l’app est géniale, alors qu’ils ne l’utilisent pas dans les faits.

Si vous cherchez à justifier votre poste, c’est par les résultats que vous le ferez, pas par l’achat d’une app. Soyez fourmi, surtout pas cigale.

On vous ment trop souvent

On vous prend trop régulièrement pour des vaches à lait. 100 euros par mois par joueur, soit entre 2 500 et 3 000 par mois pour une équipe de sport collectif ?
Vous avez quoi à ce prix-là ?
Une app qui vous fait des beaux graphiques avec un bel agenda ?
Qui vous absorbe vos données GPS ?
Qui vous calcule la monotonie de Foster ?
J’ai des crampes tant je ris.

Ce n’est pas une app qui vous donnera les réponses.

C’est votre intelligence. D’où l’importance de vous former régulièrement avec des experts, qui font, testent ce qu’ils disent, vous le montrent, vous le prouvent. Aujourd’hui le monde de l’entrainement possède plus de « professeurs » donneurs de leçons, que d’entraineurs agissant.

Si vous devez payer pour quelque chose

C’est pour de l’expertise, qu’on vous forme à le devenir. Pas pour une app sans aucune plus value qu’un tableur ou un Google Form.

Sinon vous serez comme tous ceux qui utilisent un clavier. Toute votre vie vous utiliserez 2 ou 4 doigts et vous serez un expert de la touche « supprimer » ou du raccourci ctrl+Z. Mais, vous le ferez chaque année sur un nouveau clavier plus performant. A la même vitesse.

Alors, on peut me reprocher d’être direct et cash, car il semble en effet qu’être obséquieux, courtisanesque, flatteur soit la norme. Mais je crois que l’ignorance est un vrai problème. C’est pour la réduire que l’information, la formation, l’instruction existent et doivent s’améliorer.

Cela ne reste que mon avis, jusqu’à preuve du contraire.

Des efforts prévus et des efforts perçus

C’est une problématique majeure de l’entraînement.  Une problématique qui est le Graal de tous les entraîneurs. Une problématique qui passionne, qui déprime, qui pousse à connaître toujours plus, qui détruit, qui parfois pousse à étudier le microscopique et à négliger le macroscopique, qui … qui … qui …

Mais quelle est donc cette problématique me direz-vous ?

C’est si évident que vous n’y pensez pas, que vous avez cherché loin, ce qui était tout proche.

C’est la problématique qui consiste à comprendre les relations entre un stimulus et une réponse, entre un effort prévu et un effort réalisé, un effort perçu.

Autrement formulé, cela consiste à comprendre la complexité des relations qui unissent les efforts prévus par l’entraîneur et les effets réellement produits sur le sportif qui les pratique, dans leurs environnements de réalisation.

Pour se faire, et ainsi mieux le comprendre, des étudiants en STAPS ont fait un TP sur le terrain, sur la piste d’athlétisme couverte.

Je vous livre l’exercice dans ses grandes lignes :
  • Courir 25 fois de suite sur une distance de 200 mètres à différentes vitesses variant de 6 à 20 km/h.
  • La vitesse augmentait de 1 km/h (sauf pour les vitesses inférieures à 10 km/h) jusqu’à 20 km/h pour diminuer ensuite de 1 km/h et revenir à la vitesse initiale de 6 km/h.
    Les temps de course variaient de 2 minutes à 36 secondes, sous une forme pyramidale.
  • Les temps de récupération entre chaque 200 mètres variaient entre 1’15 et 1’30. Le temps de récupérer les valeurs de perception de l’effort. À la fin de chaque 200 mètres, chaque étudiant communiquait la valeur de perception de l’effort de 1, très facile, à 10 très difficile) qui lui semblait le mieux correspondre à ce qu’il percevait.
Qu’obtenons-nous ?
Regardez le graphique. C’est passionnant.
  • Des efforts prévus linéaires produisent donc des effets non linéaires. Alors que l’effort prévu proposé est linéaire, les effets (les efforts perçus) ne le sont pas. Ces derniers se distribuent suivant une loi dite « normale » centrée réduite. Il en serait de même pour un courbe de fréquence cardiaque.
  • L’effort prévu maximum ne correspond pas à des effets maximums réalisés. Les effets maximums se produisent pour des efforts non maximums et non pas systématiquement pour les efforts maximums prévus. C’est principalement dû à l’accumulation des efforts précédents, l’expression des effets cumulés différés.
  • Les effets sont individuels. Pour le comprendre regardez l’histogramme qui représente la moyenne du groupe, puis les courbes moyennes des garçons et des filles. Il n’est pas difficile de comprendre que les efforts proposés aux filles ont été plus difficiles que ceux proposés aux garçons, et que cela à accentué le déphasage entre les pics d’efforts proposés et les pics d’effets.
  • Les effets sont transitoires et évolutifs. Pour le constater, regardez les deux courbes en tirets en bas à droite. Elles représentent l’écart de cotation entre des vitesses identiques. Par exemple entre 11 km/h au début de l’exercice et 11 km/h à la fin de l’exercice. Ici aussi nous pouvons constater la différence entre les filles et les garçons. Une même vitesse ne produit pas un même effet perçu.
  • Les effets sont très dépendants des ratios temps de travail/temps de récupération. Des temps de récupération adaptés, variables avec l’intensité, permettent des faire mieux correspondre les efforts et les effets. Une augmentation des temps de récupération pour les vitesses de 20 à 16 km/h aurait dans notre cas très certainement favorisée une synchronisation des pics.
  • Il y aurait encore beaucoup de choses à dire dans l’analyse détaillée, étudiant par étudiant. Notamment sur leur niveau d’expertise respectif dans la pratique physique et sportive.

 

Vous le voyez, un exercice simple, sur le terrain, permet de mieux comprendre que :
  • certaines évidences ne le sont pas.
  • les relations qui unissent efforts et effets sont multifactorielles et complexes.
  • les relations entre les efforts objectivés et des effets subjectivés. Les deltas sont importants et porteurs d’informations profitables pour concevoir les stratégies et contenus d’entraînement.

Vous comprenez alors tous dangers d’utiliser les technologies actuelles sans être lucides, sans avoir été formé à l’analyse de leurs données. Un suivi de nombreux marqueurs, notamment perceptifs, à chaque séance est indispensable pour espérer performer plus et mieux et réduire le risque de blessure.

Bien à vous

Que dit la science à ce sujet ?

Principes de continuité et de progressivité : de l’utilité des moyennes mobiles

Puisque vous êtes sympas, détendus par ce beau temps, en pleine préparation de la saison qui vient, un autre petit « truc » simple pour vérifier les principes de continuité et de progressivité.

Je vous passe la littérature scientifique sur le sujet, elle est abondante. Pour ceux que ça intéresse, n’hésitez pas, venez à notre formation, nous vous expliquerons entre autres toutes les subtilités théoriques et pratiques de ces deux principes appliqués à votre sport et vos sportifs.

REVENONS A NOTRE SUJET

COURBE ROUGE. Vous avez les durées quotidiennes d’un sportif sur une période de 30 jours (histogramme noir). A l’oeil, vous le voyez bien, la tendance est croissante et assez régulière. Mais parfois votre oeil ne sera pas capable de percevoir la tendance. Surtout sur des périodes plus longues de plusieurs semaines.

C’est ici que les moyennes mobiles exponentielles (MME) ont un intérêt. Celle que vous voyez en rouge est une MME 7 jours. La verte est une MME de 21 jours.

Vous l’avez remarquez, plus la période est longue plus elle lisse la tendance.

Utiliser une période courte et une période longue sera donc toujours important pour détecter les micro-tendances et les macro-tendances. Ce sera très utile pour différencier les périodes de préparation, de pré-compétition, de compétition , de régénération.
Avec des MME vous pourrez donc aisément constater de la continuité et de la progressivité.

ÇA VA ? VOUS AVEZ PIGÉ ?
MAIS ATTENTION.
OUI, ATTENTIOOOOOOOONNNNNNNNN !

Ce que vous montre le graphique 1, c’est l’évolution des durées quotidiennes d’entrainement. Vous avez été d’accord pour dire qu’elles augmentaient.
Ok, c’est bien. C’est super.
Mais …
Parce qu’il y a un « mais ».
Les durées peuvent être leurre (autrement formulé, un piège à con)

Là, vous vous demandez bien ce que je veux dire.

ALLEZ, REGARDEZ LA COURBE ORANGE

Vous y retrouvez les durées quotidiennes, mais aussi les données de maîtrise technique perçue par votre sportif. Rien de plus normal, vous lui avez demandé comment il se sentait pour voir si vos entrainements produisaient des effets à ce niveau.
Quand on estime son sportif, on le respecte. On est dans l’humain. Le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux.

ET LÀ, SURPRISE ! DÉSAGRÉABLE SURPRISE !

Comme les durées quotidiennes augmentent, votre sportif s’entraine plus, et donc son niveau de maitrise s’améliore (normalement. Lol).
Et il est là votre problème.
Pour la durée, vous respectez les principes de continuité et de progressivité …
mais VOUS NE RESPECTEZ PLUS LE PRINCIPE DE PROGRESSIVITÉ pour la maîtrise technique. Aie !

REGARDEZ LA COURBE ORANGE (MME maitrise technique).
COMPAREZ LÀ AVEC LA COURBE ROUGE (durée).

Ce n’est pas difficile de comprendre qu’il y a un souci, et surtout de trouver où est le problème. Vous avez oubliez d’ajuster vos contenus d’entrainement.

Et après vous ne comprenez pas pourquoi votre sportif ne performe pas, ne progresse plus, se blesse.

Mais c’est simplement parce que vous n’avez aucun repère sur ses progressions techniques, tactiques, sur son sommeil, sur sa confiance en lui, sur son plaisir, sur son bien-être familial, etc, etc.

Vous êtes un borgne malvoyant (pire un aveugle) parce que vous n’utilisez que vos yeux à vous et quelques malheureux tests de temps en temps.

Vous êtes un moutardier qui pensez pouvoir réguler les effets des efforts de votre sportif sur la simple base de quelques technologies, de vos perceptions, mais pas des siennes.

SI VOUS AVIEZ SES PERCEPTIONS …

… tous les jours, et quelques outils statistiques simples, vous auriez vu en temps et en heure qu’il fallait calibrer vos contenus. Ça, TrainingLoad Pro le fait. En plus c’est gratuit 😉

Quand on estime son sportif, on le respecte. On lui demande d’exprimer ses perceptions, sa subjectivité. On ne le prend pour un support de technologies embarquées (qui d’ailleurs soit-dit en passant ne vous donneront pas ses informations). On est dans l’humain.

Arrêtons de considérer le sportif comme une masse neuro-musculo-squelettique qu’il faudrait ajuster, calibrer selon des pseudos standards définis par on ne sait qui, on ne sait quand. Quelques préparateurs physiques, quelques kinés ressemblent beaucoup plus à des garagistes qui jouent avec des pièces de Mécano qu’ils tentent d’haubaner avec des élastiques, de stimuler avec des électrodes, qu’à des entraineurs, des éducateurs, des personnels médicaux.

VOUS LE CONSTATEZ

… il n’est pas si compliqué que cela de vérifier les principes séculaires. Des déciles, des moyennes mobiles …

Le data-mining ?

Sans un expert métier à l’analyse, vous le comprenez, il ne sert à rien. C’est même contre-productif car vous aurez des corrélations par wagons.

Des causalités ?

Des logiciels qui font tout à votre place avec des algorithms jupitériens ?

Mdr

Pour les autres outils, les intérêts, les limites, les subtilités, les stratégies associées, c’est dans notre formation. Du théorique, bien sûr, mais beaucoup de pratique, de cas concrets.

Le Score de Capacité à s’Adapter (SCA) : pourquoi, comment

Tout entraineur, tout kiné, d’une manière générale tout professionnel du mouvement humain, a besoin d’outils simples pour concevoir et organiser ses contenus dans le temps de la séance, de la semaine, du mois, de l’année …

Que cela soit dans le cadre d’une cycle de développement, d’entretien d’une compétence, d’une qualité, ou dans le cadre d’un protocole de retour à l’entrainement ou à la compétition, les outils utiles aux problématiques de planification, de programmation et de périodisation sont rares (beaucoup ne font pas la différence entre ces termes, hélas, pire, les dénigrent).

La pertinence des contenus, leur efficacité à court, moyen et long termes, c’est-à-dire leur capacité à atteindre les objectifs, dépend de leur individualisation continue et régulière et de la mise en oeuvre quotidiennes des principes séculaires.
A ce jour, il n’existe que très très peu d’outils pouvant assurer cette tâche en routine quotidienne, ou hebdomadaire.

C’est à ce titre que nous avons conçu, en étroite collaboration avec les entraineurs avec qui nous travaillons, le Score de Capacité à s’Adapter (à performer).

LE PRINCIPE ?

Il est simple. Il consiste à pouvoir objectiver les effets des efforts dans leurs systèmes de réalisation. C’est à dire qu’un même effort ne produit pas les mêmes effets. D’abord parce que la logique temporelle des entrainements change quotidiennement les capacités du sportif. Celui-ci fait donc l’effort suivant sur la base des effets de l’effort précédent. Proposer une même « charge externe » ne produira donc pas la même « charge interne ».

Faites tous les jours pendant 7 jours 4 fois 1 000 mètres à 85% de votre record, en récupérant 5 minutes entre chaque course, vous verrez que vos perceptions vont beaucoup varier.
Votre vitesse ? Non ! Votre FC ? Peu.

Vous noterez à ce titre que vouloir faire des corrélation entre « charge externe » et « charge interne » peut fortement interroger. Vous en trouverez sans doute, les hasards mathématiques. Mais il n’y aura aucune causalité.

LE MOYEN ?

Il est simple. Il consiste à collecter chaque jour les perceptions du sportif. Attention ! Perception et subjectif ne veulent pas dire que ce n’est pas précis. Loin de là. Cela signifie que cela « relève du sujet défini comme être pensant, comme conscience individuelle, par opposition à objectif. » Cela « se dit de ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun. » C’est donc très intéressant pour le sportif, être humain en permanence sous l’influence de ses connaissances, de ses émotions, de ses croyances, des variations des conditions de pratiques. Nous avons tous vécu l’influence du vent, d’une bonne nouvelle, d’une mauvaise nouvelle sur nos actions quotidiennes, nos performances.
Vous l’avez deviné, le choix des marqueurs, leur nombre est une phase déterminante, spécifique à chaque sport, chaque niveau de pratique, chaque sportif. Ce choix demande une forte connaissance du sport dans lequel vous intervenez, de son contexte culturel, du niveau de pratique. Ici, le prêt-à-porter n’a pas sa place.

LE CALCUL ?

Il est simple. Je vous le détaille pour un marqueur.
A chaque saisie, nous comparons la valeur de la saisie avec sa moyenne mobile exponentielle (MME) N jours. Si la saisie se trouve au-dessus, nous comptons un point, si elle se trouve en-dessous, nous ne comptons pas de point. Avec les séances, les compétitions qui passent, nous avons donc un total de point qui peut être regrouper en semaine, en blocs.
Exemple: le sportif exprime sa fatigue perçue. Lundi il saisit 5/10, sa MME est de 4,7/10, alors son total prend un point. Le mardi, il estime sa fatigue à 3/10, sa MME est de 4,75/10, alors son total de point ne change pas. Ainsi de suite.


A la fin de la journée, a la fin de la semaine, vous aurez un total de point sur un total de point maximal possible. Par exemple, cette semaine, j’ai fait 10 séances, 7 fois ma fatigue était au-dessus de la MME, mon Score de fatigue est de 70%.
Certains y ont pensé. La période de la MME est à individualiser. Pour certains sportifs c’est N, d’autres N+1, d’autres N-1 …
Ce calcul nous le faisons pour chaque marqueur pour en faire un score global : le SCORE DE CAPACITE A S’ADAPTER.

EST-CE UTILE ?

Pour planifier ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour programmer ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour périodiser ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour concevoir des contenus efficaces ? Nous ne pouvons nous en passer 

EST-CE FACILE A MAITRISER ?

Il faut être honnête, les premières semaines sont difficiles. L’outil fait appel à des connaissances, des expériences qui demandent quelques années, qui ne sont pas nécessairement enseignées dans les différentes formations. C’est surtout un changement de paradigme. C’est vraiment ce qui est le plus dur.


Car l’outil ne fait que collecter des données et les mettre en forme. L’analyse relève de vos compétences. Pour le vivre dans nos formations, notamment celle du Certificat d’Université, nous pouvons vous assurer qu’un même jeu de données à analyser ne conduit pas l’assemblée des entraineurs, pourtant expérimentés, très expérimentés, aux mêmes conclusions. C’est une occasion d’échanges intenses.

LES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES ?

Elles sont en cours. Oui, ils faut toujours tenter de valider scientifiquement un outil. Et aussi, cela permet de tamponner la paternité, car il y a beaucoup de plagiat et d’imposteurs dans le sport qui tentent de faire croire qu’ils ont inventé alors qu’ils ont copié.

Nous vous avons mis quelques diapos pour mieux comprendre 
Bien à vous

Principe de variété : les déciles et les rapports inter-déciles

Répéter un même entraînement, de mêmes contenus, ne produira pas les mêmes effets. Ils diminueront graduellement, de manière exponentielle, avec le nombre de répétitions, avec les jours et les semaines.

De nombreuses études scientifiques démontrent qu’il faut varier la charge, le volume, l’intensité, et la fréquence. Avec l’expertise, l’avancement dans la carrière, c’est encore plus important.

VARIER, C’EST :

Différencier et organiser dans le temps :
– les volumes,
– les intensités,
– les fréquences,
– les récupérations,
– les niveaux de fatigue,
– les niveaux de difficultés techniques, tactiques
– les niveaux de plaisir, d’humeur,
– les niveaux de stress, d’angoisse ..
– les niveaux de bien être …
pour que les sommes, les moyennes, les écarts-types mais surtout les rapports inter-déciles ne soient pas identiques.

Les stratégie d’organisation renvoie aux différentes niveaux de structurations :
– le microcycle
– le mésocycle
– le macrocycle

REGARDEZ CET EXEMPLE

Un plan 1 et un plan 2.

Sur une période de 20 semaines:

  • EXACTEMENT LE MEME TOTAL de charge d’entrainement: 52 753 points 
  • UNE MOYENNE AUSSI IDENTIQUE: 2 638 points.

Par contre des écart-types différents. Mais ces derniers ne donnent pas une idée suffisamment précise de la variation.

LES DÉCILES ET LES RAPPORTS INTER-DÉCILES nous donnent des informations plus intéressantes.

LE PLAN 2 VARIE BEAUCOUP PLUS les charges

Le plan 2 a une charge maximale plus élevée (3 934 vs 3 485 points) et une charge minimale plus basse (1 771 vs 3 131)

Vous pouvez voir sur le graphique 1 que la distribution des charges est plus étendue dans le plan 2 que dans le plan 1.

Les écarts entre déciles entre le plan 1 et le plan 2 sont très importants, caractéristiques d’une plus grande variété et donc de PROGRÈS PLUS GRANDS, ET DE RISQUE DE BLESSURES PLUS FAIBLES.

Les rapports entre D9 et D1, entre D9 et D5, engre D5 et D1 vont vous donner une idée des variations globales, en partie haute et en partie basse.

Vous le voyez

Un même total de charge, une même moyenne hebdomadaire, et un écart-type ne donnent qu’UNE TRÈS FAIBLE IDÉE DES STRATÉGIES d’entrainement, sans parler des contenus proposés.

Pourtant cela n’empêche pas certains chercheurs d’accuser la charge et ses variations de tous les maux en termes de blessures.
Il faut être un brin culotté pour le faire
.

Si vous ne faites pas une distribution statistique ordonnée en N groupes d’effectifs égaux (dans notre cas, 10), vous ne pouvez pas cibler la charge comme responsable soit de la performance, soit des blessures, même avec un ratio. VOUS NE POUVEZ RIEN DIRE.

Je suis aussi effaré de voir que certains ne comprennent pas la différence entre planifier, périodiser et programmer. Cela en dit très long sur leur connaissance du domaine, ce qui hélas ne les empêche pas le plus souvent de s’exprimer sur le sujet. C’est souvent symptomatique d’un effet de surconfiance (effet Dunning-Kruger) (mdr)

PLANIFIER, dans notre exemple …

C’est définir les valeurs maximales, valeurs minimales, les rapports inter-déciles que l’on souhaite atteindre pour chaque sportif, au regard de son antériorité, de ses capacités, pour la saison à venir et les saisons suivantes.

PÉRIODISER …

C’est définir les structurations temporelles des variations, les périodes où l’on doit atteindre les valeurs maximales, des valeurs minimales. Ces structurations s’expriment en dates, en nombre de jours, en nombre de semaines.

PROGRAMMER…

C’est définir et mettre en oeuvre les stratégies de distribution les plus efficaces pour y arriver. Ces stratégies précisent comment doivent se succéder les charges pour résoudre les obstacles à franchir permettant d’atteindre les objectifs.

C’est faire cela pour chaque facteur de la performance.
Ceux qui sont prioritaires, secondaires, même accessoires.

On est donc très très loin d’un verbiage théorique. On est dans l’exercice intellectuel préalable indispensable à tout plan efficace, à toute conception de contenus individualisés, spécifiques. Un temps long mais essentiel.

Ne pas le faire ne veut pas dire que c’est inutile.
Ne pas le faire ne donne pas le droit de dénigrer ceux qui le font.
Ne pas le faire veut très souvent dire qu’on ne sait pas le faire.
C’est marrant de voir que certains personnes s’enflamment, revendiquent de l’exactitude, de la précision pour la rotation d’un molécule, la structure d’un tendon, la chronaxie … c’est-à-dire ce qui touche au microscopique, et qu’ils pensent que planifier, périodiser, programmer c’est du vent parce qu’on est dans le macroscopique, le systémique, le multifactoriel.

Personnellement je l’ouvre, je critique, je « logorrhe », mais je propose, je montre ce que nous faisons, je partage. Par contre je n’ai pas l’impression que d’autres « critiques », d’autres ‘grandes gueules » soient dans cette même perspective. Ils « vocifèrent », ils « aboient », ils « s’offusquent », mais ils ne montrent rien de concret. Pourquoi ? Je crois avoir une idée (mdr).

Vous le voyez, ce n’est pas si compliqué avec les déciles.
Avec un tableur et la fonction centile(), c’est à la portée de tout le monde.
Notre web-app le fait, bien sûr.

Notre formation vous apprendra toutes les subtilités de la planification, de la périodisation et de la programmation sur la base d’exemples réellement mis en place sur des saisons complètes dans plusieurs sports. Du jamais vu, dans aucun livre.

Jusqu’à preuve du contraire.

Bien à vous, à bientôt pour un nouveau « principe séculaire » poli, taillé par nos anciens.

Quand tu ne maîtrises pas parfaitement les principes séculaires de l’entrainement (2)

… tu as besoin de TrainingLoad Pro, et/ou d’un tableur.

Voici le tableur (amélioré) que je donne aux étudiants pour apprendre à planifier, à programmer, à périodiser.

Bien évidemment, comme tout outil, cela facilite et accélère les calculs, mais cela ne vous dit pas si c’est pertinent.

Si vous avez les connaissances minimales, ce tableur vous aidera grandement à pouvoir vérifier les principes séculaires.

Il vous suffit de remplir les zones bleues.
Accessoirement vous verrez aussi quelques fonctions intéressantes (centile(), decaler(), calcul d’une moyenne mobile exponentielle …)

Vous y trouver les calculs des moyennes mobiles, des déciles, du TSB, du ACWR, de la CPQ … les graphiques associés …

Le lien pour le télécharger : www.trainingloadpro.com/…/Planification-TrainingLoadPro.xlsx

Une première partie de préparation d’avant saison réussie ? C’est faisable.

Concevoir la planification, la programmation, et la périodisation avec le Score de Capacité à s’Adapter, c’est vraiment une autre approche.

C’est DU PILOTAGE PRIORITAIREMENT « PAR LES EFFETS CUMULÉS DIFFÉRÉS » ET LEUR NIVEAU D’ACTIVATION POUR LE SPORTIF, et non pas comme on le constate presque toujours aujourd’hui « par les efforts » (la charge externe) ou « par un effet immédiat » sur un marqueur.

On détermine les effets attendus pour chaque « marqueur » de la capacité de performance (les objectifs -> planification), aux différentes périodes (-> périodisation) ce qui permet de programmer (choisir les méthodes et les contenus).

Les ajustements et calibrages se font, si nécessaire, alors quotidiennement en fonction des hauteurs et des variations des valeurs de effets réellement produits. C’EST LÀ QUE LE SCORE VOUS AIDERA BEAUCOUP.

Ce suivi quotidien permet d’identifier les stratégies les plus efficaces.

Vous le comprenez, cela signifie que la grande majorité des contenus peuvent donc être utiles et utilisables.

Si vous avez déterminé les objectifs avec précision, il vous suffit ensuite d’être un chef d’orchestre virtuose pour manager les variables spatiales (les distances), temporelles (les durées) , événementielles (les actions, les mouvements à réaliser) et humaines (le nombre de personnes) afin de faire passer le sportif de son comportement actuel vers celui qui est attendu, aux différentes étapes de son processus d’entrainement.

Vous aurez alors un outil d’aide pour décider de vos contenus de séances et les placer aux bons moments.

Une première partie de préparation d’avant-saison « réussie » ? C’est compliqué?

C’est un début d’avant-saison où le staff pense avoir fait mieux (fait moins de « moins bien » !) que l’année dernière, et moins bien que l’année prochaine.

Ce début qui devrait permettre d’augmenter la capacité à performer de l’équipe, sans pour autant en être assuré car les concurrents peuvent être plus compétents 

Quoiqu’il en soit, si l’équipe est plus forte, alors les regrets seront plus petits.

Quelques données complémentaires pour vous aider à mieux comprendre les graphiques quotidiens (j’ai anonymé les dates) pour mieux les interroger, les critiquer, les évaluer :

– Semaine 1 :
4900 points
14 heures d’entr8ainement
12 séances
pas de jours de repos

– Semaine 2 :
7200 points
20 heures d’entrainement
9 séances
1 jour de repos

– 13 jours d’entrainement en continue,

– 1 jour de repos le 14e jour

– 8 biquotidiens

– le Score de Capacité à s’Adapter (performer) ? Ça sent fort la publication scientifique 

Si vous lisez ces graphiques au prisme des effets cumulés différés des efforts, vous admettrez que les jours s’enchainent, sans jours de repos, mais la fatigue n’augmente pas, la vigueur reste à un bon niveau, bien que l’intensité soit élevée et la fréquence des séances soutenue.

Car la difficulté est là. Pour mieux comprendre l’expertise du staff, il faut se dire que faire tous les jours exactement la même séance (même nombre de répétitions, distances, intensités …) ne produira pas chaque jour les mêmes efforts. Le sportif voit ses capacités varier.

Vous ne vous en rendez donc peut-être pas compte mais avoir ces configurations de graphiques est rare.

Les variations et hauteurs des valeurs des autres « marqueurs » sont aussi telles qu’elles étaient souhaitées, planifiées.

Les techniciens ont un savoir-faire de haut niveau car ils ont réussi à maitriser la programmation de leurs contenus pour avoir des ratios temps de travail/temps de récupération/intensités appropriés (aussi bien dans les exercices, que dans les séances que dans les semaines) pour faire varier réellement les valeurs des marqueurs suivant les stratégies qui avaient été planifiées et périodisées a priori afin de pouvoir s’entrainer beaucoup sans risque de blessures.

Je suis impressionné … mais pas surpris ! 

Avant-saison (2) : cas n°2 : certains sports collectifs pros et le milieu amateur.

Ce cas, Sylvain Quinquis, entraineur emblématique des volleyeuses professionnelles du volleyball nantes, et son (aujourd’hui ex 😉 ) adjoint préparateur physique Dominique Duvivier (maintenant entraîneur de quimper volley), l’ont vécu et le vivent (je devrais bien plus dire le subissent) tous les ans.

C’est une problématique complexe, peut être insoluble de leur point de vue, mais un exercice de réflexion très intéressant.

Leur inter-saison est très longue, de plusieurs mois. La saison débute vers le 20 octobre et se termine fin avril, début mai, suivant que l’équipe participe ou non aux play-off. Vous le constatez, presque 5 mois entre la fin d’une saison et le début d’une autre.

Que faire ?

Nous sommes loin du cas évoqué précédemment où les footballeurs n’ont que 5 semaines de vraies vacances.

Ici, si nous enlevons des 5 mois (22 semaines), 4/5 semaines de vacances et 7 semaines de préparation avant saison, il reste 10/11 semaines ! Pour le staff, ce serait potentiellement 15 semaines sans savoir ce que font les volleyeuses (22 semaines moins 7 semaines de préparation). Ce n’est ni un ruisseau, ni une rivière, ni un fleuve, mais un océan !

Le béotien du volley doivent être surpris de cet état de fait pour des professionnelles.

Que font-elles ?

  1. vous avez les joueuses internationales. Ces joueuses n’arrêtent pas. Souvent elles vivent en edf un travail que je me permets de qualifier de « surprenant ». Les staffs de beaucoup d’edf, dans beaucoup de sport, ce n’est pas une exclusivité du volley, ont tendance à considérer qu’en club elles (ils) ne font rien. Cela m’interroge à chaque fois. Ils ne savent pas ce qu’elles font concrètement mais portent toutefois un jugement de valeur. Pour faire le suivi de nombreuses et nombreux internationaux, à l’année, je peux vous affirmer que c’est inexact. Je pense même que ce qui est fait en edf mériterait à être analysé avec lucidité, sans concession, et que les staffs des edf auraient tout à gagner à préciser leurs attentes et leurs objectifs et surtout à mieux communiquer avec les clubs.
  2. vous avez les joueuses qui font la saison de beach en france. Elles continuent donc de s’entrainer aux rythmes du beach, souvent, même presque toujours sans suivi. C’est de la gestion des efforts en mode « réaction », souvent préjudiciable.
  3. vous avez les joueuses qui ne sont ni dans le cas n°1, ni dans le n°2 : des joueuses qui prennent de longues vacances, des étrangères qui jouent dans d’autres championnats …

Que faire donc ?

Dans mon monde « idéal », je proposerais à toutes les filles:

  1. de saisir tous leurs « efforts » pour mesurer avec précision ce qu’elles font et appréhender les effets produits, comme le risque de blessure.
  2. de prendre 4 semaines de vacances juste après la fin de la saison (play off),
  3. de faire 3 « stages d’entrainement » à thèmes, d’une semaine chacun avec 8 demi-journées d’entrainement, centrés très majoritairement sur le développement d’une compétence (qu’il conviendrait d’identifier, avec la joueuse). Compétences estimées comme déterminante dans sa progression, et qui ne peuvent que faiblement être développées durant la saison (souvent, dans le meilleur cas, entretenu). Cela pourrait être une compétence physique, mais aussi une compétence mentale ou quelques conduites techniques. Ces camps seraient entrecoupés d’une semaine de vacances.
  4. puis, à l’issue de ces « stages », prendre 1 dernière semaine de vacances avant de partir sur 7 semaines de préparation avant saison avec le club.

Pour les périodes de vacances, l’objectif resterait de se faire plaisir, de s’ouvrir sur le monde extra-sportif, sans pour autant pratiquer, et surtout de ne pas prendre de poids. Même en perdre.

Ce que cela suppose

Cela suppose donc faire une « fiche de compétences » pour chaque joueuse, en échangeant avec elle. Cette fiche permettrait d’identifier ce qui lui permettrait d’être compétitive, et ce qui limite sa progression.

Le problème majeur que le staff rencontrera est la durée des contrats et le turnover des joueuses. Cela implique aussi que le staff prolonge les filles d’une saison sur l’autre, et aussi que le recrutement des nouvelles joueuses se fasse très tôt, en mai, pour les soumettre à ce type de périodisation.

Financièrement cela aura un coût. Il faudrait payer des intervenants experts si besoin, les structures (salle de muscu…) Et éventuellement les hébergements si ces stages sont dépaysés. Un coût que serait bine plus un investissement.

Car, les résultats sur la performance de l’équipe seront à mon avis garantis : l’équipe sera vraiment meilleure. Les contenus d’entrainement durant la saison ne seront pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Ils seraient assurément plus centrés sur la tactique.

Faire ça ?  Ce serait top !!

Individuellement, c’est faisable. Collectivement, en regroupant plusieurs sportifs et sportives de plusieurs sports, c’est encore mieux et facile à organiser.

Ce n’est que mon avis.

Je profite de ce post pour remercier très chaleureusement le volleyball nantes, Sylvain SuinquisDominique Duvivier et les joueuses pour leur écoute, leur investissement sans faille. Cela fait plus de cinq ans nous travaillons ensemble, que nous éprouvons les stratégies existantes, que nous innovons, que nous cherchons de nouvelles stratégies. Ils ont été pour trainingload pro, pour moi, un élément déterminant de notre évolution.
Encore merci.