Surcompensation, ce mot magique qui expliquerait les progrès mais …

Dont les fondements scientifiques sont à tout le moins très discutables.

C’est à Karl Weigert (1845-1904) que l’on doit la notion de « surcompensation » d’après laquelle les cellules réagissent au blocage d’un récepteur en le régénérant en quantité excessive.

La loi de Weigert précise : « the loss or destruction of a part or element in the organic world is likely to result in compensatory replacement and overproduction of tissue during the process of regeneration or repair (or both), as in the formation of callus when a fractured bone heals. »

Tout au long de notre vie en effet, nos cellules se renouvellent par un processus de division-duplication. La mitose désigne le cycle cellulaire qui s’applique à tous les types de cellules. Cette division consiste pour l’organisme à créer deux cellules filles à partir d’une cellule mère en conservant à chaque fois l’information génétique d’origine.

Croissance et division cellulaires sont des événements distincts mais coordonnés, et leur régulation est un problème important de la biologie. D’une façon générale, lorsqu’une cellule entre en mitose, son volume a pratiquement doublé, cela en 10 à 20 heures chez la plupart des cellules de mammifères.

Pour une catégorie cellulaire donnée, les cellules qui entrent en mitose ont toutes sensiblement la même taille, alors que les cellules issues de mitose sont de tailles plus variées. Au cours de ces divisions, les cellules se différencient afin de pouvoir modifier leur fonction (différenciation cellulaire) : type de cellule, groupe de cellules, organes, tissus, réseau ou système.

La durée ainsi que la fréquence de la différenciation sont primordiales dans la croissance normale. La fréquence de division est fortement dépendante de sa fonction future.

Les cellules cutanées se divisent régulièrement, les cellules hépatiques uniquement si nécessaire, les cellules nerveuses ou musculaires ne se divisent même pas chez l’être humain.

La surproduction de cellule est donc bien plus souvent un symptôme d’une pathologie que d’une adaptation physiologique.

Force est de constater que cette « loi », en apparence séduisante, peut donc toutefois interroger.

Bergstrom et collaborateurs (1967) ont réussi, par une série d’expériences, à mettre au point une méthode combinant alimentation et entraînement intense, qui permettait d’accroître massivement les réserves de glycogène. Ils démontrèrent que si l’on épuisait au préalable par des efforts très intenses les muscles appelés à être utilisés au cours d’un effort de longue durée, il était possible d’augmenter les stocks en glycogène et donc de poursuivre plus longtemps un exercice à vitesse élevée.

Comme il s’agissait du glycogène, ce substrat énergétique miracle, tout le monde s’est jeté sur cette étude, et s’est empressé de généraliser. Quel malheur.

 

Le passage de la valeur d’une variable organique au-dessus de sa moyenne habituellement constatée après une période de déplétion serait donc la « surcompensation » et serait la cause des progrès.

Ce qui interroge c’est que c’est la valeur initiale de cette variable, ou l’espérance, qui sert de valeur de référence. Partant du principe qu’elles peuvent être dépendantes des efforts précédents, on mesure toute la variabilité de cette valeur.

Il est toutefois communément admis par tous les entraîneurs qu’une performance est multifactorielle. Attribuer la performance à quelques éléments, essentiellement structurels, dont les niveaux quantitatifs seraient supérieurs à leurs valeurs de références, semble pour le moins excessif et sans doute erroné.

Dans la très grande majorité des lésions tissulaires, il n’y a pas de surproduction de cellules.

La difficulté majeure reste de pouvoir différencier ce qui relève de l’homéostasie, de la chronobiologie et de l’ontogenèse car la composition du corps humain est évolutive et transitoire.


Cette « loi » ne permet donc pas de réellement expliquer les progrès physiques, encore moins chez la personne vieillissante, chez la personne malade, pas plus que les progrès intellectuels.

On le voit la surcompensation, en apparence une évidence, ne l’est pas et de très loin. Je pense même que c’est un axiome aux conséquences préjudiciables bien plus supérieures qu’aux conséquences profitables car il fait perdre de vue l’aspect heuristique systématique de la performance.

Mais alors … Peut-on envisager une autre approche ?

Les efforts produisent plus ou moins d’effets qui peuvent s’exprimer de multiples manières.

Chaque sportif traduira les effets de manière individuelle : sa fatigue sera plus marquée, son dynamisme moins bon, son plaisir plus important, sa perception de l’intensité plus élevée, sa maîtrise technique moins efficace, etc.

Ces effets seront évolutifs et transitoires, c’est-à-dire qu’à la fin de l’exercice sa maîtrise technique pourra être moins bonne mais après plusieurs répétitions, plusieurs séances, elle sera nettement meilleure.

Pour transposer Jean Piaget évoquant l’apprentissage, l’entraînement, c’est-à-dire le développement des capacités, serait le résultat d’un processus dynamique de recherche d’équilibre entre le sportif et son environnement.

L’assimilation correspondrait à l’incorporation d’un effort par l’organisme sans modifier sa structure, mais avec transformation progressive de l’effort. Cela correspond à l’intégration de l’environnement extérieur dans le sportif.

L’accommodation serait le mécanisme qui entraîne une modification de l’organisme du sportif, de sa structure, permettant l’incorporation des exigences qui sont l’objet de l’entraînement lorsque l’effort, les contraintes résistent,

Dans ce cas, le sportif est transformé par son environnement.

La récupération permet à l’organisme de retrouver un équilibre pour, par exemple, activer le système nerveux parasympathique (baisse de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle, relâchement musculaire…) et favoriser la meilleure compréhension des stratégies à utiliser.

Les variations de niveau d’efforts (activation), souvent autrement formulé travail – récupération, constitue donc le plus petit élément d’un entraînement.

On retrouvera ces variations à tous les niveaux de la planification, de la programmation, exprimée par exemple, en séries, séances, microcycles, mésocycles, macrocycles et périodes.

Par le fait même que les efforts et les effets vont toujours de pair, ni l’environnement (au sens très large du terme) ni le sportif ne sont jamais connus indépendamment l’un de l’autre. Le milieu est assimilé à l’activité du sujet en même temps que celle-ci s’accommode à celui-là.

C’est par une construction progressive que les notions d’environnement physique et de milieu intérieur vont s’élaborer en fonction l’un de l’autre.
Pour plus de détail, consulter notre cours en ligne sur la planification.

Oui, il faut faire des efforts pour performer

Mais si tu te trompes dans le but a atteindre, tu fais faire des efforts qui ne servent a rien, qui peuvent meme être contre-productifs.

Derrière le mot « effort », il y a hélas beaucoup trop de caricatures, de croyances, de clichés.

Trop de sports sont « physiologie » dépendants, « muscles » dépendants, « technologie » dépendants, « évaluation » dépendants.

Le rugby en est un exemple.
Faire des efforts au rugby, cela veut dire quoi ?

Si l’effort est la «mise en œuvre, limitée dans le temps et déterminée» de «moyens adéquats» pour atteindre une fin (ici, jouer mieux au rugby), on voit bien qu’il faut consacrer la très grande majorité du temps au rugby.

Est-ce le cas ?

Il serait donc bon que la question soit posée, et que des échanges, entre pairs, puissent y apporter des réponses.

Aux prismes de ce documentaire et des explications de l’auteur, par delà les problèmes conjoncturels et structurels, on mesure combien :
– les compétences anthropologiques,
– les compétences épistémologiques,
– les compétences didactiques
sont déterminantes :
– dans la conception que peut avoir le staff technique de son sport,
– dans la conception des stratégies d’entrainement,
– dans l’élaboration des contenus de séances.
et donc dans les effets produits.

Il y a donc de quoi être pessimiste pour l’avenir du rugby, et surtout pour les rugbymen, si les choses ne changent pas. Il y aura aussi beaucoup de gens déçus, d’autant plus qu’ils s’investissent beaucoup.

Pour que les wagons avancent, il faut au moins une locomotive.
A priori, il ne semble plus y en avoir dans le train « rugby ».
Ou alors elle est en gare, en panne.

https://www.publicsenat.fr/…/u…/rugby-un-jeu-dangereux-77561

https://www.publicsenat.fr/documentaires

La surcompensation, le plus bel enfumage (2)

Tout varie dans notre corps. Même quand il ne bouge pas, mécaniquement parlant, il bouge quand même. Les molécules qui nous composent s’agitent, plus ou moins vite. Une vraie ruche que ce corps humain. Il suffit pour le constater de faire un EMG, un ECG, de mesurer notre PA, notre FC pour s’en rendre compte.

Beaucoup de mouvements internes pour parfois « pas de mouvements externes ».

Nous sommes « variations continues, souvent régulières, mais pas toujours ». Ces variations peuvent être « conjoncturelles » (homéostasie) ou « structurelles » (chronobiologie).

Pour mieux comprendre, regardez ces trois graphiques issus de cet article (https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-20…)

Peut-on affirmer que l’acrophase est la « surcompensation » ? Je crois qu’on s’enflamme beaucoup.

Peut-on affirmer que la batyphase est la fatigue ?
Je crois qu’on s’enflamme encore plus.

La valeur de référence est-elle le mésor ?
J’en doute.

Beaucoup d’études ne précisent pas les heures de prise de performances, et vous pouvez le voir, cela n’est pas anodin du tout. La température corporelle a une incidence importante sur la performance. C’est même pour cela qu’on s’échauffe.
Beaucoup d’études ne précisent pas plus les conditions de température des prises de performances, comme les périodes de l’année (été, hiver, jour de la semaine, cycles du plan …). Chacun peut pourtant ressentir ces effets au quotidien sur ses activités.

La grande diversité des soi-disants « surcompensations » constatées devraient inciter non pas à croire qu’elles existent mais à confirmer qu’il y a un réel problème derrière ce concept.

Pire encore, ces études laissent croire, et c’est très très préjudiciable, qu’une soi-disant « surcompensation » du glycogène, un rebond à un test de squat, un rebond à un test de sprint permettraient de définir les stratégies d’entrainement pour performer en compétitions. Comme si on pouvait affirmer sans discussion possible que battre régulièrement ses records en soulevé de terre conduit inéluctablement à être meilleur aux 100 mètres en compétition.

Non ! Non ! Et non !

La performance est multifactorielle, individuelle, spécifique. On ne peut pas assimiler un test de terrain, de labo, à une performance faite en compétition.
Dans toutes les compétitions, pour tous les sportifs qui améliorent leur performance, vous constaterez que la moindre capacité d’un facteur de la performance a été compensée par la meilleure capacité d’un autre. Un sportif peut donc faire une meilleur performance avec un facteur en « sous-compensation ».
Certains vous disent même qu’ils étaient « super top », et pourtant, ils n’ont pas performé. Ils se sentent alors souvent très seul, et plus souvent coupable, pour ensuite se dire qu’ils n’ont pas eu de chance et invoquer des forces divines. Quelle tristesse de voir que du pseudo-scientifique peut conduire à l’obscurantisme.

Je vous le répète : le mot « surcompensation » ne veut rien dire.

Bien au contraire il est très préjudiciable pour les entraineurs car cela les éloigne de l’essentiel et les focalise beaucoup trop sur les détails.
A tel point que beaucoup considèrent que « anaérobie alactique » et « vitesse », ce sont la même chose.
Et donc qu’il faut faire des efforts courts et intenses la veille de la compétition … pour « surcompenser ». Là, je ne suis pas « mdr » mais « edr » (écroulé de rire). D’autant plus que j’y ai cru et que moi aussi je l’ai fait faire … et que nous n’avons jamais été franchement meilleurs !

Arrêtons de concevoir le corps humain comme une image matricielle. Considérons le bien plus comme une image vectorielle.

Le chemin sera encore long pour réconcilier les chercheurs et les entraîneurs

Je reste interrogatif devant les protocoles de beaucoup d’études, comme à la lecture de leurs conclusions. Protocoles, analyses statistiques et conclusions qui me semblent très souvent démontrer une non prise en compte de ce qu’est l’entrainement de haut niveau, des efforts et surtout des cinétiques des effets différés cumulés associées.
 
L’expertise-métier reste selon moi un pré-requis déterminant majeur pour concevoir des protocoles en phase avec les réalités du monde sportif, qui plus est de haut niveau, avec une fréquence d’entrainements importante. Cela détermine également la pertinence des outils statistiques.
 

L’étude

Internal training load and its longitudinal relationship with seasonal player wellness in elite professional soccer.
Clemente FM, Mendes B, Nikolaidis PT, Calvete F, Carriço S, Owen AL.
Physiol Behav. 2017 Oct 1;179:262-267. doi: 10.1016/j.physbeh.2017.06.021. Epub 2017 Jun 28
 
Monitoring internal training load has been extensively used and described within team sport environments, however when compared to internal physiological measures such as heart rate (HR) and rating of perceived exertion (RPE), the literature is sparse.
 
The primary aim of this investigation study was to assess differences of playing position on ITL, session-RPE and wellness across two different training microcycles (1 vs. 2 competitive games), in addition with examining the relationship between ITL and Hooper’s Index across an entire season.
 
Thirty-five professional soccer players from the Portuguese premier league participated in the study (25.7 ± 5.0 years; 182.3 ± 6.4 cm; 79.1 ± 7.0 kg).
 
Analysis of variance revealed higher values of DOMS (Means(M): 3.33 vs. 3.10; p = 0.001; effect Size (ES) = 0.087), fatigue (M: 3.18 vs. 2.99; p = 0.001; ES = 0.060) and HI (M: 11.85 vs. 11.56; p = 0.045; ES = 0.034) in 2-game weeks compared with 1-game weeks. Correlation between ITL and HI levels found significant negative correlations between ITL and DOMS (ρ = − 0.156), ITL and sleep (ρ = − 0.109), ITL and fatigue (ρ = − 0.225), ITL and stress (ρ = − 0.188), and ITL and HI (ρ = − 0.238) in 2-game weeks.
 
Results from 1-game microcycle only highlighted negative correlations between ITL and stress (ρ = − 0.080). It was concluded from the study that greater fatigue potential, muscle soreness, stress and ITL was significantly more apparent within a 2-game microcycle.
As a result, care should be taken when planning the lead into and out of a 2-game fixture microcycle highlighting key specific recovery strategies to damped the increased stress effect. Additionally, the potential utilization of squad rotation strategies may be a positive approach with aim of managing the fatigue effect.
Que peut-on dire ?
« L’effect size », la taille d’effet, coté « statistique ».

La valeur test est très sensible à la taille de l’échantillon. Sur les grosses volumétries, les valeurs test prennent des valeurs très élevées, indiquant systématiquement des écarts « significatifs ». La valeur test dépend de la taille absolue du groupe et non de sa taille relative.

La taille d’effet est une mesure descriptive qui ne permet pas à elle seule de porter un jugement sur la significativité de l’écart entre les moyennes. Il est donc préférable d’employer la taille d’effet que lorsqu’on a déjà démontré que la différence de moyenne entre les groupes est significative.
Dans ce contexte, cela veut dire que la différence entre les moyennes de groupe n’est pas le fruit du hasard. Le d de Cohen indique la force d’un effet hypothétique. Encore faut il démontrer que cet effet existe vraiment. Afin de savoir si l’écart de moyenne entre deux sous-groupes d’une population est le fruit du hasard, on emploie un test statistique, comme un test t, ou, lorsque la population n’est pas distribuée sur une courbe normale, un test de Kolmogorov-Smirnov.

Pour ceux que cela intéresse voici deux références qui peuvent vous intéresser, par des experts du domaine:

« L’effect size », la taille d’effet, coté « entraînement »

La taille d’effet est une mesure descriptive employée pour indiquer la taille de l’effet, qui correspond ici à la différence entre deux moyennes, divisée par l’écart-type (d de Cohen).

Et alors ?
L’écart type est une mesure de la dispersion d’une variable aléatoire. Il est une mesure de dispersion de données. Un écart-type élevé indique que les valeurs sont très écartées les unes des autres.

C’est là que les interrogations commencent à pointer le bout de leur nez car les réactions de l’organisme à l’effort ne sont pas linéaires. Elles ne le sont jamais.

Elles sont le plus souvent non linéaires, non monotones.

Elles oscillent de manière sinusoïdale selon des périodes et des amplitudes variables sous l’effet des efforts que le sportif fait mais aussi du contexte dans lequel il les fait et selon ses capacités affectives, cognitives, spirituelles du moment. Ce sont des oscillations harmoniques amorties.

L’homéostasie, la chronobiologie montrent que les éléments constitutifs de notre corps varient beaucoup selon des périodicités ultradiennes, circadiennes, infradiennes mais aussi en réaction à des stimuli de différentes natures dont font partie les contenus d’entrainement.

Vous pouvez le constater sur ce graphique, les pressions artérielles diastoliques et systoliques varient beaucoup entre 8h00 et 20h00. De 130 mmHg à 200 mmHg pour la pression artérielle systolique.

Utiliser la taille d’effet sans avoir objectivé ces différents stimuli peut interroger. Personnellement cela m’interroge beaucoup.

D’autant que ces adaptations sont par nature transitoire et évolutives. Il suffit de lire les études sur le désentrainement pour en mesurer l’importance.

Bien connaitre les réactions « normales » de l’organisme, mais aussi les réactions de l’organisme aux efforts répétés chez le sportif de haut niveau sont donc un pré-requis très important pour choisir ses tests statistiques car sinon vous trouverez toujours un effet.

Je ne peux pas adhérer à cette conclusion.

« … care should be taken when planning the lead into and out of a 2-game fixture microcycle highlighting key specific recovery strategies to damped the increased stress effect. »

« It was concluded from the study that greater fatigue potential, muscle soreness, stress and ITL was significantly more apparent within a 2-game microcycle. »

Premièrement, ce n’est pas du tout ce que nous trouvons avec les équipes de football professionnelles avec lesquelles nous travaillons. Pas plus avec les équipes de basket, de volley, de handball et de rugby qu’ils s’agissent de femmes ou d’hommes.

Regardez les graphiques de cette équipe de football professionnelle. Cinq matchs en dix-sept jours.

Les cotations du cinquième match à domicile sont sensiblement plus hautes car l’adversaire avait fait des choix tactiques visant à obtenir le match nul. Cela se mesure bien avec les marqueurs liés à l’activité.

Les douleurs ? Regardez.


Pourquoi je n’adhère pas donc ?

Simplement parce qu’il y a deux manières pour améliorer la récupération, la capacité à echaîner les efforts:

1- s’entrainer beaucoup, toujours plus toujours mieux pour la compétition, l’enchaînement de compétitions sont perçus comme « faciles », à tout le moins surtout pas « difficiles ».
2- favoriser un retour rapide aux valeurs dites « normales » par utilisation de techniques bien connues à l’efficacité parfois en cours de validation scientifique. Il s’agit de l’hydratation en quantité suffisante, des massages, des contrastes thermiques …

S’entrainer plus est le moyen le plus efficace, surtout pour maintenir un niveau élevé de capacité de performance toute la saison.
Les techniques de récupération additionnelles seront plus utiles pour des événements ponctuels (tournois). L’erreur serait de les utiliser comme moyen pour mieux récupérer au cours de la saison. Car vous vous installeriez dans des logiques de sous entrainement.

Personnellement, les saisies de 15 marqueurs de tous les sportifs professionnels de sports collectifs (plus de 200) montrent que l’enchainement des matchs n’est pas ce qu’ils perçoivent comme plus fatiguant, plus stressant, plus douloureux. Au contraire.

Très certainement, parce qu’ils y ont été préparés avec efficacité. Le mérite en revient aux staffs et aux joueurs d’avoir compris que pour récupérer plus vite, pour enchainer mieux les efforts, il faut s’entrainer toujours plus et avoir une période de préparation beaucoup plus difficile que celle de compétition.

Cela ne reste que mon avis

Et voilà ! Merci. Ca fait du bien

Une courte citation de L. Jardim dans Vestiaires qui en dit long, et à laquelle j’adhère pleinement.

Tout le monde n’a pas les mêmes priorités.

Certains veulent que les footballeurs courent toujours plus, toujours plus vite, toujours plus longtemps, en faire des marathoniens croisés avec des sprinters, façon décathlon.

D’autres pensent qu’ils doivent maitriser toujours mieux le ballon et qu’ils doivent savoir où se déplacer avec économie et aux bons moments. Que c’est donc le ballon qui doit aller vite.

La vrai compétence, c’est savoir faire des choix pertinents

Savoir ce qui est prioritaire, ce qui est secondaire, ce qui est accessoire, pour savoir dans quels domaines tu dois passer le plus de temps (sur le terrain ? sur la « piste » ? en salle de musculation ?).

On mesure ici toute l’importance d’être un préparateur physique expert du football et d’être un expert de la planification, de la périodisation et de la programmation.

Moins les footballeurs courent plus la saison sera facile, plus les risques sont réduits.

La formation de la FFF est donc très cohérente : tu es entraineur, on te spécialise pour devenir préparateur physique.

La L3 ES STAPS avec le supplément au diplôme Football aussi. Elle donne des équivalences avec les diplômes fédéraux.

Les deux seules formations en football qui sont selon moi en phase avec la réalité du football et du footballeur.

Le Score de Capacité à s’Adapter (SCA) : pourquoi, comment

Tout entraineur, tout kiné, d’une manière générale tout professionnel du mouvement humain, a besoin d’outils simples pour concevoir et organiser ses contenus dans le temps de la séance, de la semaine, du mois, de l’année …

Que cela soit dans le cadre d’une cycle de développement, d’entretien d’une compétence, d’une qualité, ou dans le cadre d’un protocole de retour à l’entrainement ou à la compétition, les outils utiles aux problématiques de planification, de programmation et de périodisation sont rares (beaucoup ne font pas la différence entre ces termes, hélas, pire, les dénigrent).

La pertinence des contenus, leur efficacité à court, moyen et long termes, c’est-à-dire leur capacité à atteindre les objectifs, dépend de leur individualisation continue et régulière et de la mise en oeuvre quotidiennes des principes séculaires.
A ce jour, il n’existe que très très peu d’outils pouvant assurer cette tâche en routine quotidienne, ou hebdomadaire.

C’est à ce titre que nous avons conçu, en étroite collaboration avec les entraineurs avec qui nous travaillons, le Score de Capacité à s’Adapter (à performer).

LE PRINCIPE ?

Il est simple. Il consiste à pouvoir objectiver les effets des efforts dans leurs systèmes de réalisation. C’est à dire qu’un même effort ne produit pas les mêmes effets. D’abord parce que la logique temporelle des entrainements change quotidiennement les capacités du sportif. Celui-ci fait donc l’effort suivant sur la base des effets de l’effort précédent. Proposer une même « charge externe » ne produira donc pas la même « charge interne ».

Faites tous les jours pendant 7 jours 4 fois 1 000 mètres à 85% de votre record, en récupérant 5 minutes entre chaque course, vous verrez que vos perceptions vont beaucoup varier.
Votre vitesse ? Non ! Votre FC ? Peu.

Vous noterez à ce titre que vouloir faire des corrélation entre « charge externe » et « charge interne » peut fortement interroger. Vous en trouverez sans doute, les hasards mathématiques. Mais il n’y aura aucune causalité.

LE MOYEN ?

Il est simple. Il consiste à collecter chaque jour les perceptions du sportif. Attention ! Perception et subjectif ne veulent pas dire que ce n’est pas précis. Loin de là. Cela signifie que cela « relève du sujet défini comme être pensant, comme conscience individuelle, par opposition à objectif. » Cela « se dit de ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun. » C’est donc très intéressant pour le sportif, être humain en permanence sous l’influence de ses connaissances, de ses émotions, de ses croyances, des variations des conditions de pratiques. Nous avons tous vécu l’influence du vent, d’une bonne nouvelle, d’une mauvaise nouvelle sur nos actions quotidiennes, nos performances.
Vous l’avez deviné, le choix des marqueurs, leur nombre est une phase déterminante, spécifique à chaque sport, chaque niveau de pratique, chaque sportif. Ce choix demande une forte connaissance du sport dans lequel vous intervenez, de son contexte culturel, du niveau de pratique. Ici, le prêt-à-porter n’a pas sa place.

LE CALCUL ?

Il est simple. Je vous le détaille pour un marqueur.
A chaque saisie, nous comparons la valeur de la saisie avec sa moyenne mobile exponentielle (MME) N jours. Si la saisie se trouve au-dessus, nous comptons un point, si elle se trouve en-dessous, nous ne comptons pas de point. Avec les séances, les compétitions qui passent, nous avons donc un total de point qui peut être regrouper en semaine, en blocs.
Exemple: le sportif exprime sa fatigue perçue. Lundi il saisit 5/10, sa MME est de 4,7/10, alors son total prend un point. Le mardi, il estime sa fatigue à 3/10, sa MME est de 4,75/10, alors son total de point ne change pas. Ainsi de suite.


A la fin de la journée, a la fin de la semaine, vous aurez un total de point sur un total de point maximal possible. Par exemple, cette semaine, j’ai fait 10 séances, 7 fois ma fatigue était au-dessus de la MME, mon Score de fatigue est de 70%.
Certains y ont pensé. La période de la MME est à individualiser. Pour certains sportifs c’est N, d’autres N+1, d’autres N-1 …
Ce calcul nous le faisons pour chaque marqueur pour en faire un score global : le SCORE DE CAPACITE A S’ADAPTER.

EST-CE UTILE ?

Pour planifier ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour programmer ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour périodiser ? Nous ne pouvons nous en passer 
Pour concevoir des contenus efficaces ? Nous ne pouvons nous en passer 

EST-CE FACILE A MAITRISER ?

Il faut être honnête, les premières semaines sont difficiles. L’outil fait appel à des connaissances, des expériences qui demandent quelques années, qui ne sont pas nécessairement enseignées dans les différentes formations. C’est surtout un changement de paradigme. C’est vraiment ce qui est le plus dur.


Car l’outil ne fait que collecter des données et les mettre en forme. L’analyse relève de vos compétences. Pour le vivre dans nos formations, notamment celle du Certificat d’Université, nous pouvons vous assurer qu’un même jeu de données à analyser ne conduit pas l’assemblée des entraineurs, pourtant expérimentés, très expérimentés, aux mêmes conclusions. C’est une occasion d’échanges intenses.

LES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES ?

Elles sont en cours. Oui, ils faut toujours tenter de valider scientifiquement un outil. Et aussi, cela permet de tamponner la paternité, car il y a beaucoup de plagiat et d’imposteurs dans le sport qui tentent de faire croire qu’ils ont inventé alors qu’ils ont copié.

Nous vous avons mis quelques diapos pour mieux comprendre 
Bien à vous

On me parles très (trop) souvent des blessures dans le rugby

Dans les publications scientifiques, 9 fois sur 10 on accuse la charge d’entrainement, sa hauteur, ses variations, d’être responsables des blessures.

On néglige presque totalement les autres paramètres, et surtout les contenus des séances et les compétences de ceux qui les animent.
Encore plus les effets des paradigmes sous jacents aux processus de formations et aux stratégies d’entrainements des clubs de haut niveau.

La conception de l’activité, les contenus des seances, les competences de ceux qui les animent, sont dans une proportion très importante responsables blessures

Arrêtons un peu d’explorer des chemins trop évidents pour être crédibles. La charge est un faux problème.

3 000 points de contenus adaptés, bien managés, ne font pas de blessés.
3 000 points de conneries, que si !

Le rugby est hélas tristement aujourd’hui l’exemple caricatural des conséquences d’une didactique de l’activité qui a conduit et conduit des bataillons de joueurs à l’infirmerie et l’hôpital.

J’ai eu cette chance d’avoir été formé aux sports collectifs par le regretté Jean-Claude Trotel et Alain Reine, enseignants à l’UER EPS de Rennes, par les écrits de René Deleplace, de Daniel Bouthier, et les conceptions de Pierre Villepreux. C’est-à-dire à accorder une priorité absolue aux mouvements, aux évitements, aux variations de rythme … du ballon (!!!!) dans toutes ses expressions, pas du joueur !

Leurs conceptions m’ont enchanté et m’enchantent toujours. Il y a hélas trop peu de voix dans le rugby qui ont chanté (je pense à Alexis Dejardin que j’ai pu entendre en intervention …) et chantent cette musique.

Maintenant, le rugby français, c’est très majoritairement du combat, toujours plus de combats, rien que du combat. Et donc des blessés, des commotions, des fractures … toujours plus.

On me dit que tout le monde fait ça.

Quel argument ! Quel aveu d’impuissance !

Le rugby français à de grands « maîtres à penser », bien plus qu’on ne le pense. On ne les écoute plus. Pire, on les fait passer pour des dinosaures. On a préféré GPSiser tout le rugby, tout raisonner en masse, en force, en vitesse du joueur, mais hélas toujours sans ballon. Pour les résultats que l’on connait. Le ballon est devenu accessoire. Quelle erreur.

Je pense, et cela n’engage que moi, que c’est à la fédération d’avoir une conception pertinente de son sport, d’impulser une identité de jeu basée sur la maitrise du mouvement du ballon. On parle beaucoup « d’intelligence de jeu ». Il serait peut être temps de faire quelque chose pour. Les beaux discours médiatisés ne suffiront pas. Ils servent à se faire élire, mais pas à former, à transformer.

Quand tu négliges ton passé, ton histoire, quand tu dénigres tes anciens, tu dois t’inquiéter.

Les préparateurs physiques ont donc l’obligation professionnelle et le devoir moral de connaitre et maitriser la didactique de leur sport.

Ce qui hélas est trop rarement le cas.

Ils n’en ont trop souvent qu’une connaissance superficielle, caricaturale, de quelques heures de TD et de TP de STAPS.
Ce qui les amène à avoir des stratégies, des protocoles, des analyses généralistes, à survanter les potentiels transferts de leurs « conceptions, outils, gadgets, généralistes innovants », jamais éprouvés ni prouvés scientifiquement.

Que c’est triste d’entendre « Si tu cours plus vite tu seras meilleur rugbyman ». On sent la vacuité conceptuelle de celui qui tient un tel propos.

Lisez ces propos de Pierre Villepreux (Tech XV, 26 mai 2017, page 23). Tout est dit, pour peu qu’on veuille comprendre. René Deleplace, Daniel Bouthier et Pierre Villepreux restent pour moi des « maîtres à penser » incontournables du rugby.

Il faut détourner les rugbymen et les rugbywomen du gouffre dans lequel on les emmène.

Cela ne reste que mon avis.