Oui, il faut faire des efforts pour performer

Mais si tu te trompes dans le but a atteindre, tu fais faire des efforts qui ne servent a rien, qui peuvent meme être contre-productifs.

Derrière le mot « effort », il y a hélas beaucoup trop de caricatures, de croyances, de clichés.

Trop de sports sont « physiologie » dépendants, « muscles » dépendants, « technologie » dépendants, « évaluation » dépendants.

Le rugby en est un exemple.
Faire des efforts au rugby, cela veut dire quoi ?

Si l’effort est la «mise en œuvre, limitée dans le temps et déterminée» de «moyens adéquats» pour atteindre une fin (ici, jouer mieux au rugby), on voit bien qu’il faut consacrer la très grande majorité du temps au rugby.

Est-ce le cas ?

Il serait donc bon que la question soit posée, et que des échanges, entre pairs, puissent y apporter des réponses.

Aux prismes de ce documentaire et des explications de l’auteur, par delà les problèmes conjoncturels et structurels, on mesure combien :
– les compétences anthropologiques,
– les compétences épistémologiques,
– les compétences didactiques
sont déterminantes :
– dans la conception que peut avoir le staff technique de son sport,
– dans la conception des stratégies d’entrainement,
– dans l’élaboration des contenus de séances.
et donc dans les effets produits.

Il y a donc de quoi être pessimiste pour l’avenir du rugby, et surtout pour les rugbymen, si les choses ne changent pas. Il y aura aussi beaucoup de gens déçus, d’autant plus qu’ils s’investissent beaucoup.

Pour que les wagons avancent, il faut au moins une locomotive.
A priori, il ne semble plus y en avoir dans le train « rugby ».
Ou alors elle est en gare, en panne.

https://www.publicsenat.fr/…/u…/rugby-un-jeu-dangereux-77561

https://www.publicsenat.fr/documentaires

On me parles très (trop) souvent des blessures dans le rugby

Dans les publications scientifiques, 9 fois sur 10 on accuse la charge d’entrainement, sa hauteur, ses variations, d’être responsables des blessures.

On néglige presque totalement les autres paramètres, et surtout les contenus des séances et les compétences de ceux qui les animent.
Encore plus les effets des paradigmes sous jacents aux processus de formations et aux stratégies d’entrainements des clubs de haut niveau.

La conception de l’activité, les contenus des seances, les competences de ceux qui les animent, sont dans une proportion très importante responsables blessures

Arrêtons un peu d’explorer des chemins trop évidents pour être crédibles. La charge est un faux problème.

3 000 points de contenus adaptés, bien managés, ne font pas de blessés.
3 000 points de conneries, que si !

Le rugby est hélas tristement aujourd’hui l’exemple caricatural des conséquences d’une didactique de l’activité qui a conduit et conduit des bataillons de joueurs à l’infirmerie et l’hôpital.

J’ai eu cette chance d’avoir été formé aux sports collectifs par le regretté Jean-Claude Trotel et Alain Reine, enseignants à l’UER EPS de Rennes, par les écrits de René Deleplace, de Daniel Bouthier, et les conceptions de Pierre Villepreux. C’est-à-dire à accorder une priorité absolue aux mouvements, aux évitements, aux variations de rythme … du ballon (!!!!) dans toutes ses expressions, pas du joueur !

Leurs conceptions m’ont enchanté et m’enchantent toujours. Il y a hélas trop peu de voix dans le rugby qui ont chanté (je pense à Alexis Dejardin que j’ai pu entendre en intervention …) et chantent cette musique.

Maintenant, le rugby français, c’est très majoritairement du combat, toujours plus de combats, rien que du combat. Et donc des blessés, des commotions, des fractures … toujours plus.

On me dit que tout le monde fait ça.

Quel argument ! Quel aveu d’impuissance !

Le rugby français à de grands « maîtres à penser », bien plus qu’on ne le pense. On ne les écoute plus. Pire, on les fait passer pour des dinosaures. On a préféré GPSiser tout le rugby, tout raisonner en masse, en force, en vitesse du joueur, mais hélas toujours sans ballon. Pour les résultats que l’on connait. Le ballon est devenu accessoire. Quelle erreur.

Je pense, et cela n’engage que moi, que c’est à la fédération d’avoir une conception pertinente de son sport, d’impulser une identité de jeu basée sur la maitrise du mouvement du ballon. On parle beaucoup « d’intelligence de jeu ». Il serait peut être temps de faire quelque chose pour. Les beaux discours médiatisés ne suffiront pas. Ils servent à se faire élire, mais pas à former, à transformer.

Quand tu négliges ton passé, ton histoire, quand tu dénigres tes anciens, tu dois t’inquiéter.

Les préparateurs physiques ont donc l’obligation professionnelle et le devoir moral de connaitre et maitriser la didactique de leur sport.

Ce qui hélas est trop rarement le cas.

Ils n’en ont trop souvent qu’une connaissance superficielle, caricaturale, de quelques heures de TD et de TP de STAPS.
Ce qui les amène à avoir des stratégies, des protocoles, des analyses généralistes, à survanter les potentiels transferts de leurs « conceptions, outils, gadgets, généralistes innovants », jamais éprouvés ni prouvés scientifiquement.

Que c’est triste d’entendre « Si tu cours plus vite tu seras meilleur rugbyman ». On sent la vacuité conceptuelle de celui qui tient un tel propos.

Lisez ces propos de Pierre Villepreux (Tech XV, 26 mai 2017, page 23). Tout est dit, pour peu qu’on veuille comprendre. René Deleplace, Daniel Bouthier et Pierre Villepreux restent pour moi des « maîtres à penser » incontournables du rugby.

Il faut détourner les rugbymen et les rugbywomen du gouffre dans lequel on les emmène.

Cela ne reste que mon avis.