L’enfer est pavé de bonnes intentions

Où comment ne pas voir les effets différés de pratiques ne respectant le principe de spécificité.

Certains préparateurs physiques ne sont pas assez vigilants (je vais le dire comme ça, pour ménager les susceptibilités)

Oui, oui. Vigilants.

Ils sont dans le toujours plus vite, le toujours plus intense, le toujours plus fort, le toujours plus haut …

Attention

Ces intentions peuvent sembler fort louables, mais elles ont des effets pervers fort préjudiciables.

Souvenez-vous de vos cours sur les relations intensité-durée, les relations puissance-maitrise:
– Plus tu cours vite, moins tu le fais longtemps.
– Plus tu est proche de tes records en force, moins tu peux le répéter …
– Plus tu es proche de tes limites, moins tu maitrises.

Une erreur serait de croire que parce que ton record évolue, ta capacité à répéter longtemps aux pourcentages inférieurs augmente.

C’est faux. Totalement faux. Ceux qui entrainent et ont cherché à le savoir l’ont constaté.

N’oubliez pas qu’un match de rugby, de football, de basket, de volley, de badminton, de tennis … cela ne dure pas 1 minutes, encore moins quelques secondes. La priorité c’est de durer.
Ici encore, les compétences didactiques du préparateurs physique sont déterminantes.

Problème !

Il n’a jamais été formé dans ce domaine. Il n’a en sa possession aucun outil épistémologique pour modéliser son sport. Alors il s’accroche aux clichés et caricatures vu ici et là. Il ne réfléchis pas, il applique.
Cela lui serait bien plus profitable que beaucoup d’autres pseudos compétences, certes plus « fun » et plus « bankable ».

S’entrainer à battre ses records en préparation physique (VMA, vitesse, CMJ, SJ, sprint …) ?

Je ne suis pas certain que ce soit profitable dans les sports à périodisation multiples, même à périodisation simple. Pas convaincu du tout. J’en suis même … sûr !

Pire. Ces tests sont-ils pertinents pour mesurer les variations de capacité de performance ?
J’en doute beaucoup.

Regardez ce qui s’est passé en EPS depuis 45 ans. A ne privilégier que le « vite », le « bien », on perd le « longtemps ». Et cela conduit à ça : http://www.lemonde.fr/…/avec-le-test-du-bip-bip-on-acheve-b…
Ceux qui sont venu à notre formation ont été sensibilisés à ce problème. Ils ont accès aux études de Tomkinson.

S’entrainer toujours plus, oui, mais pas n’importe comment !!!

1 pensée sur “L’enfer est pavé de bonnes intentions”

  1. Cet article du monde reprendre les études de Tomkinson G.:

    – Olds, T., Tomkinson, G., Léger, L., & Cazorla, G. (2006). Worldwide variation in the performance of children and adolescents: an analysis of 109 studies of the 20-m shuttle run test in 37 countries. Journal of Sports Sciences, 24(10), 1025–38. https://doi.org/10.1080/02640410500432193
    – Tomkinson, G. R. (2007). Global changes in anaerobic fitness test performance of children and adolescents (1958-2003). Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 17(5), 497–507. https://doi.org/10.1111/j.1600-0838.2006.00569.x

    Plus particulièrement celle-ci : http://www.trainingloadpro.com/docs/Lang_2017_20mSRT_SR.pdf

    Pour illustrer « notre » réalité : nous utilisons actuellement en STAPS les barèmes utilisés au brevet des collèges dans les années 90. Seul moyen d’avoir 10 de moyenne !

    Nous avons des prof d’EPS, des entraineurs toujours plus formés, toujours plus informés … c’est très bien.

    MAIS DES PRATIQUANTS TOUJOURS PLUS FAIBLES !

    Il va bien falloir qu’un jour les formateurs s’interrogent sur leur contenu d’enseignement. Car dire que les étudiants, les stagiaires ne comprennent pas est faux et caricatural.

    Savoir que la décarboxylation du pyruvate produit 6 ATP, on s’en moque beaucoup. Comme de connaitre la structure de l’os, ou de l’orientation des fibres dans un muscle « penné ». Ou alors, ce sont les cerises sur la gâteau pour des entraineurs qui maitrisent déjà parfaitement la pédagogie, la didactique, les techniques sportives. Tout est affaire de priorités.
    Aujourd’hui on se gargarise trop sur des molécules et les détails microscopiques alors que le macroscopique n’est pas maitrisé.

    Les profs d’EPS ont aujourd’hui bac+5. Les préparateurs physiques ont des CV longs et « diversifiés » que la Loire et ses méandres.

    Le niveau de leurs pratiquants ? Il régresse !

    On confond « former un formateur » et « former un professionnel de terrain ». Ce ne sont pas les mêmes connaissances à apporter, pas les mêmes compétences à développer.

    On voit où cela mène.

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